Le logement en état d’urgence

> Logement rare = logement cher

Le renchérissement du coût du logement est donc bien une tendance lourde et ses causes structurelles sont identifiées depuis de nombreuses années. C’est une lapalissade mais si le logement est cher c’est d’abord parce qu’il est rare. On estime aujourd’hui le manque de logements en France à près de 900 000. Ce déficit est la résultante d’un double phénomène.

D’abord une augmentation de la demande, du fait d’une croissance démographique encore soutenue dans notre pays mais aussi de l’allongement de la durée de vie et des phénomènes de décohabitation et de recomposition des ménages. Ensuite, une diminution de l’offre : alors que le gouvernement affiche un objectif de 500 000 logements neufs livrés par an, seulement 330 000 logement auront été mis en chantier en 2009 contre 435 000 en 2007.

La construction neuve est non seulement insuffisante pour garantir le droit au logement mais elle est aussi de moins en moins adaptée aux ressources de ménages confrontés à une diminution de leur pouvoir d’achat et la précarisation de leur ressources du fait du chômage mais aussi du développement du temps partiel. Facteur aggravant, la part des logements mis en chantier sous condition de ressources ou a des prix inférieurs au marché est passée de 65% en 2000 à 42% en 2008.

Pas étonnant dans ce contexte, que les ménages soient contraints de consacrer une part de plus en plus conséquente de leurs dépenses pour se loger. Dans les années 60, les ménages dédiaient en moyenne 6% du total de leurs dépenses au logement. Dans les années 80, ce pourcentage était proche de 12%. Aujourd’hui, les ménages sont contraints de consacrer en moyenne un peu plus de 25% du total de leurs dépenses pour se loger, s’éclairer, se chauffer sachant que cette moyenne dissimule des taux d’effort pouvant aller jusqu’à 40 voire 50% des ressources des ménages les plus modestes. Pas étonnant non plus qu’un peu plus de 60% de la population française puisse prétendre au logement social

> Le logement social : une priorité pour le Pays Voironnais

En matière de logement, le Pays Voironnais n’échappe pas aux tensions qui règnent sur le marché du logement. Bien évidemment les prix pratiqués sont encore très loin ce ceux constatés dans les grandes métropoles et notamment à Paris où le coût moyen du m2 à l’achat fin 2010 se situait à 7 300 €. Pour autant, le Pays Voironnais subit la pression du marché grenoblois dont on sait qu’il est l’un des plus élevé de France pour les villes de province.

Bien que légèrement inférieur, les prix ont tendance à se rapprocher des prix pratiqués dans l’agglomération grenobloise notamment pour le logement collectif neuf où les prix sont déjà équivalents à ceux pratiqués à Grenoble. Comme pour l’ensemble du territoire, c’est en matière de logement sociaux que les problèmes sont les plus aigues : 1 600 demandes de logement social sont ainsi enregistrées chaque année pour seulement 500 attributions.

Lors de l’adoption, fin 2009, de son nouveau Projet de Territoire, les élus ont clairement affiché leur volonté d’intensifier l’action de la Communauté du Pays Voironnais en faveur du logement et notamment du logement aidé. L’évolution récente de la structure socio-démographique de la population, la difficulté croissante pour certaines catégories de population à accéder à un logement dans le Pays Voironnais, impliquent de promouvoir une politique d’augmentation de l’offre de logements notamment dans le secteur social mais pas uniquement, et ce afin de relancer des parcours résidentiels aujourd’hui bloqués par des niveaux de prix trop élevés, de répondre aux besoins de décohabitation et de générer une certaine redynamisation démographique.

L’intensification de l’action de la Communauté en faveur du logement aidé est impérative pour le maintien de l’équilibre social et générationnel du territoire. Il est tout d’abord nécessaire de conforter les actions déjà engagées dans le cadre du Programme Local de l’Habitat (PLH). Le Pays Voironnais s’est doté dès 1995 d’un PLH. Cet outil d’orientation définit pour plusieurs années, les objectifs et les principes de la politique intercommunale de l’habitat afin de répondre aux besoins de logements sur le territoire. Une version actualisée du PLH du Pays Voironnais a été adoptée en janvier 2006 .

Outre le PLH, la Communauté du Pays Voironnais s’est fixée comme objectif de compléter sa politique du logement à partit de 4 axes :

La mise en œuvre d’une politique foncière : la production de logement aidé se heurte aujourd’hui à un coût du foncier particulièrement élevé. L’objectif est de constituer des réserves à moyen et long terme.

La mise en place d’opération de renouvellement urbain dans les quartiers en difficultés : 4 quartiers sont aujourd’hui jugés prioritaires : Brunetière et Baltiss à Voiron, Bourg-Vieux à Voreppe et Fleurs/Champlong à Moirans. Au-delà de l’action sur le bâti, la volonté est de faire sortir ces quartiers de leur mono-fonctionnalité d’habitat social en favorisant une véritable mixité sociale et en développant des activités économiques et de services.

La réhabilitation du parc de logements sociaux : 80% du parc de logement social du Pays Voironnais est situé en dehors des 4 quartiers que l’on vient d’évoquer. L’objectif de ce troisième axe est de mettre un accent fort sur l’amélioration énergétique des logements afin de lutter contre la précarité énergétique dont souffre de plus en plus de ménages modestes

Le développement de l’accession sociale à la propriété en priorité sur l’habitat collectif ou intermédiaire

> Créer de l’hébergement spécifique

Enfin, l’une des actions phare du Pays Voironnais en faveur du logement social porte sur la création de solutions d’hébergements spécifiques. Depuis plus de 12 ans, le dispositif consiste en l’acquisition de bâtiments ou appartements en vue de les transformer en résidence sociale ou appartements meublés. La gestion est confiée par des associations spécialisées et le Pays Voironnais participe aux frais de fonctionnement.

Le Pays Voironnais dispose ainsi aujourd’hui de 120 logements meublés pour l’hébergement spécifique, temporaires ou d’urgence gérées par le Relais Ozanam. Il s’agit notamment :

Le 24 rue Sermorens à Voiron. Le site remplit une triple mission. Le « Rigodon » assure un accueil de jour (9h-17h) et un service de restauration le midi. 2 appartements sont destinés à l’hébergement temporaire ( 1 à 3 mois) prioritairement pour des femmes seules avec enfant ou des couples. 5 appartements viennent renforcer les capacités de la pension de famille de la rue Guy Allard

Le « Logis des Collines » à Voiron : il s’agit d’un hébergement d’urgence (quelques nuits) pour des personnes sans domicile fixe. 7 appartements sont également dédiés à l’hébergement de longue durée (plus d’1 an) avec un accompagnement social important.

Le « logis du Grand Champs » à St-Jean de Moirans : il se compose de 49 logements meublés pour des hébergements temporaires et transitoires (1 à 6 mois) dont une part réservée à l’accueil de jeunes.

La « Pension de famille » à Voiron : elle est destinée aux personnes défavorisées, à faible ressources et souffrant d’isolement et comporte 13 logements ainsi que des espaces collectifs et une « maitresse de maison ».

Le foyers de jeunes travailleurs « les noyers verts » à Voiron : il se compose de 30 studios meublés pur les jeunes de 18 à 26 ans en formation, en début de vie professionnelle ou en recherche d’hébergement.